D'abord reporter photographe, Jacques Otmezguine devient assistant réalisateur, puis réalisateur de publicités, de films d'entreprise et de documentaires. Il rencontre l'écrivain Michel Lebrun qui le pousse à écrire un polar publié aux Editions du Fleuve Noir, Prunelles Blues, qui devient son premier long métrage en 1986.
Le réalisateur trouve cependant plus de succès à la télévision où il enchaîne les tournages à partir des années 90. Il revient au septième art en 1997 avec la comédie dramatique Bruits d'amour, puis le thriller psychologique Une employée modèle en 2003. Cette histoire est une adaptation du livre de Lionel Duroy. Quel fut le déclic qui vous a donné envie de l’adapter pour le cinéma ?
C’est au moment de sa sortie en 2000. J’avais envie de mettre en scène des quarantenaires et en lisant cet ouvrage, j’ai trouvé ce que je cherchais. Lionel connaissait mon travail, notamment, « Bruits d’amour ». Une grande complicité est née à ce moment là et il a tout accepté, de l’éclatement de la narration à l’envie de ne pas suivre fidèlement sa trame. L’adaptation m’a demandé un an et demi de travail.
Pourquoi le soupçon d’homosexualité latente entre Rémy et Olivier est-elle exprimée par une femme, Marianne ?
Les femmes se posent toujours cette question : c’est une forme de jalousie face à une amitié inconditionnelle. Une femme a besoin d’exclusivité. Elle rejette cette amitié entre les deux hommes. C’est un sentiment qui parfois nous dépasse et qu’on a besoin de ramener à quelque chose de concret : l’amour physique. En ce qui me concerne, c’est totalement faux : je suis capable d’entretenir des amitiés très fortes avec des femmes sans aucune ambiguïté.
Parlez nous du rôle d’Olivier, frappé par un handicap.
Je voulais absolument éviter de copier la réalité et du coup, contre l’hyperréalisme des acteurs. Samuel est un acteur de théâtre et n’avait pas besoin de prouver qu’il était un grand comédien. Il est souvent allé à l’hôpital, a travaillé avec un kinésithérapeute qui s’occupe de personnes atteintes de cette maladie. C’était impressionnant. Mais l’enjeu n’était pas de savoir s’il va surmonter son handicap. La rupture d’anévrisme n’est qu’un épisode de sa vie.
Est-ce que certains comédiens se connaissaient avant le début du film ?
Certains s’étaient croisés, mais ils ne se connaissaient pas vraiment. Ils ont appris à s’apprivoiser progressivement. Et au final, personne n’a regretté ou jalousé le rôle d’un autre. Il faut dire que je fais moi-même mes castings. Et là, c’est mon instinct qui prime et j’avoue que je me suis rarement trompé.
Pour l’anecdote, la furieuse ressemblance entre le député et Nicolas Sarkosy est-elle fortuite ?
Certainement pas ! J’ai donné des tonnes de cassettes à Steve Suissa pour qu’il s’imprègne du personnage. C’est à la fois sidérant et très drôle.
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